Article initialement publié sur LinkedIn par Frédéric Lemonnier. Le texte ci-dessous est repris sans réécriture.

Dans un contexte géopolitique et économique incertain et morose, marqué par la dégradation de la conjoncture économique et le conflit Russo-ukrainien, la fin d’année 2022 et l’année 2023 devraient s’annoncer sous le signe de la #récession, en France et dans le monde.

L’ombre d’une récession mondiale plane au-dessus de l’ensemble des économies : l’impulsion donnée par les relances budgétaires post-covid retombe, alors que les banques centrales resserrent leurs politiques monétaires pour endiguer l’inflation et la chute des devises face au dollar. L’envolée des prix de l’énergie et des autres charges, la pénurie des composants et la hausse des taux amputent l’activité et la confiance des agents économiques.

En France, le conflit Russo-ukrainien, l’inflation (anticipée à 4,8% en 2023, un niveau historiquement élevé), la baisse du pouvoir d’achat et la crainte qu’il ne baisse davantage pèsent sur la demande domestique, alors que les défaillances d’entreprises bondissent (+56% par rapport à 2021) et que les investissements des sociétés devraient ralentir en 2023.

Au sein de cet environnement économique tumultueux, après un ralentissement de la croissance économique en 2022, la France devrait entrer en récession en 2023.

Hormis quelques secteurs bien identifiés (défense, énergie, information communication, etc.), il semblerait qu’une partie non négligeable de secteurs soient donc dans une dynamique baissière : le chiffre d’affaires, dans beaucoup de secteurs, est impacté par la baisse de la demande. Les marges sont également impactées par la hausse des #coûts : les matières premières, l’énergie, la hausse des taux, ainsi que les tensions sociales qui pèsent sur la masse salariale grignotent les marges et la trésorerie des sociétés.

Dans l’environnement économique actuel, qui peut donc nier les indices de pertes de valeur ? Avec moins d’activité, moins de marges et une hausse du taux d’actualisation, les #valorisations des actifs ne peuvent que baisser !

L’origine plurielle du ralentissement de la conjoncture rend difficile la valorisation de la plupart des entreprises et de leurs actifs. Dans ce contexte, les arrêtés comptables 2022 risquent d’être un exercice délicat, notamment sur la partie concernant les tests de dépréciation.

Toutes les entreprises, petites comme grandes, cotées ou non cotées, sous référentiel comptable international comme français, se doivent d’effectuer des tests de dépréciation – dits « test d’impairment » - sur les principaux actifs inscrits à dans leur bilan. Cette analyse doit être menée par la société (ou l’expert-comptable de la société) avant d’être auditée par les commissaires aux comptes.

En période de croissance économique, l’exercice qui consiste à s’interroger sur l’existence de certains indices de pertes de valeur, est relativement simple et rapide, puisque tous les indicateurs sont au vert.

A contrario, dans un contexte de récession, porté par l’érosion de la confiance des agents économiques, l’inflation et la hausse des taux tel que nous le connaissons depuis mars dernier, l’exercice est plus complexe. En effet, un indice de perte de valeur se caractérise par :

  • La baisse de la demande, l’annulation, le report de commandes clients,
  • L’augmentation des coûts, une interruption de l’activité,
  • Des pertes non prévues, des prévisions de #budgets revues à la baisse,
  • Hausse des #taux : hausse du taux d’actualisation,
  • Une baisse de la valeur de marché.

A l’exception de certains secteurs, toutes les sociétés ont été plus ou moins impactées en 2022 par l’un de ces phénomènes.

Certains secteurs ont déjà été durablement touchés avec le COVID-19 et n’ont toujours pas repris leur activité normale : l’aéronautique, le tourisme, l’évènementiel, certains loisirs hors domicile. D’autres, ont été touchés lors de la première phase mais semblent subir une évolution durablement défavorable sur le long terme : restauration, cinéma, prêt à porter, hôtellerie de luxe et voyages d’affaires. Avec les difficultés conjoncturelles actuelles et futures, ces sociétés fragilisées risquent d’être d’autant plus en difficulté.

Dans ce climat d’incertitude, l’exercice des tests de dépréciation s'apparente à un numéro d'équilibriste. La tentation à l’attentisme sera grande mais difficile à défendre :

  • Les indices de perte de valeur sont aujourd’hui flagrants. Des travaux doivent donc être menés sérieusement pour être crédibles, conformément aux attentes des CAC et suffisamment documentés, à l’aide de bases de données.
  • En l’absence de certitude sur la conjoncture future (poursuite, aggravation ou ralentissement de l’inflation, des taux et de la demande), nous sommes passés de modèles prospectifs basés sur des possibilités futures connues et probabilisables, à un fort degré d’incertitude, où l’avenir ne peut être connu ni estimé de manière fiable : les prévisions sont donc plus hypothétiques et incertaines qu’auparavant.
  • Les commissaires aux comptes ou #expertscomptables se trouvent dans une situation délicate vis-à-vis de leurs clients. Conscients des impacts néfastes d’une dépréciation pour leurs clients, il leur est difficile de s’inscrire en opposition frontale. En revanche, l’absence de diligences sur cet aspect, en cas de dépôt de bilan à court terme, pourrait engager leur responsabilité.

Afin d’accompagner la revue des actifs au bilan, et au vu des enjeux (impacts sur les comptes, responsabilités), l’apport d’un expert en évaluation indépendant peut être précieux.

Un #expert en #évaluation indépendant apporte un effet modérateur et de neutralité dans un environnement avec des enjeux parfois élevés. Il peut ainsi proposer, justifier et argumenter une position raisonnable, et acceptable pour l’entreprise comme pour le commissaire aux comptes et permet de contribuer à l’établissement d’un consensus.

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